LE TEMPS DES FENAISONS
VOYAGE AU CŒUR DU FOIN DE CRAU
Rentre ton foin tant que le soleil brille
Proverbe de Provence
Le foin. La passion d’Eric, jeune paysan de Salon.
Les premiers jours de printemps le voient sur les routes de Bel Air, à vélo ou sur sa petite moto accompagné de son chien baisser les "martelières" qui permettent de bloquer le courant rapide de cette eau précieuse amenée par Adam de Craponne. Elle envahira rapidement les petits ruisseaux nettoyés depuis peu et inondera les prairies avides de fraîcheur et d’humidité retrouvées.
Les prés vont exploser de vigueur pour permettre à Eric d’effectuer sa première coupe ce mois de mai ; riche en graminées et réservée à la nourriture des chevaux de course et à l’engraissement des bovins.
Quarante jours plus tard, en juillet, Eric « fera la deuxième coupe » que les vaches et les brebis mangeront goulûment pour accroître leur performance laitière.
Enfin en Septembre notre jeune fermier récoltera sa troisième coupe, riche en légumineuses et d’aspect feuillée destinée particulièrement aux ovins et caprins.
A l’approche de Noël, ce sont les troupeaux qui profiteront des dernières forces de cette belle herbe qui ne meurt jamais , même pas l’hiver ; Les près seront ainsi « graissés » naturellement pour repartir dans une nouvelle croissance.
Le foin de Crau. Un produit de renommée internationale pour sa qualité et sa régularité de production ; produit naturel, nourrissant, équilibré, vitaminé où chaque coupe possède sa particularité de goût grâce aux herbes qui la composent.
Remisé le matériel d’antan ; l’âne ou le cheval qui tirait le râteau, la faneuse ; oublié le temps des « moulons » que l’on effectuait grâce aux fourches de bois pour charger sur les « tirasses » et que l’on abritait sous les hangars des fermes. Terminée l’époque des « rébatages » qui consistait à finir à la faux les coins d’herbe inaccessibles à la faucheuse ; fini le règne du râteau qui permettait de ne pas perdre quelques grammes de foin.
Fini aussi le temps des « emballeurs », ces garçons ou ces hommes trempés de sueur qui pendant des journées « serraient » manuellement les balles de foin.
Aujourd’hui Eric est équipé du matériel le plus moderne. Tracteur avec faucheuse conditionnée permettant de gagner un jour de séchage, emballeuse dernier cri sortant les ballotins à la demande : grosses balles, petites balles.
Les informations diverses météorologiques lui permettent d’éviter les averses et d’aller presque à coup sûr vers un beau succès de récolte.
Dans ces temps où l’on parle tant de développement durable , notre beau foin de Crau devenu premier et plus bel aliment pour animaux, ayant obtenu le label AOC au même titre que les grands vins, prend un relief particulier.
Le foin de Crau : Un produit à soigner avec ténacité et amour.