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Yolande Vercasson, le Papé

                                                             Pape1.jpg

                                                                         Le Papé

Yolande VERCASSON
AMOUREUSE DE LA PROVENCE
 
Au départ elle a écrit pour s’apaiser.
C’était une nécessité.
Aujourd’hui elle exprime aussi bien le malaise de la société que les beautés de la Provence qu’elle aime tant.
Je vous laisse apprécier «  Le Papé  », témoignage douloureux sur le sort des anciens aujourd’hui.
Un axe de réflexion majeur pour les infirmiers, les médecins, les assistantes sociales, les dirigeants de maison de retraite, les centres de gérontologie
Mais un axe de réflexion surtout pour les enfants d’aujourd’hui trop souvent entrainés ou perdus dans un monde de profitabilité et d’égoïsme.
Voici donc Le Papé tiré de l’œuvre de cette délicieuse amie, Yolande Vercasson.
J’y reviendrai si vous aimez….



 


                           Le Papé
 
Il se tenait assis tout au bout de la table
Et nous impatientait souvent par sa lenteur.
On le voyait si vieux, si courbé, pitoyable,
Que l’amour peut à peu cédait à la rancœur.
Je le suivais partout ! c’était là, dans ma tête !
Il me suivait des yeux lorsque je travaillais,
Proposait de m’aider, maladroit, l’air tout bête !
Il gênait nos projets, notre vie, le papé !
Au bout de quelques temps, prétextant les vacances,
Je le menais plus haut, au flanc du Luberon
« Tu seras bien là-bas. Tu verras la Durance
Du haut de la terrasse de la grande maison.
Ces maisons-là, papé, sont faites pour les vieux.
Regarde comme ils semblent bien, ils ont l’air très heureux ! »
« Comme tu veux, petite, si c’est pour ton bien-être.
Monte de temps en temps, le dimanche peut être ?  »
Je l’ai laissé tout seul, vivement, pas très fière.
L’air était encore chaud, pourtant je frissonnais,
Et le chant des oiseaux voletant sur le lierre
Me disait doucement : «  Qu’as-tu fait du papé ? »
Les jours se succédaient, je cherchais la quiétude
Le travail me prenait, j’essayais d’oublier,
De noyer mes regrets au fil des habitudes,
Les souvenirs d’antan rappelaient le papé.
Même dans le mistral qui rasait la garrigue
Pour venir s’écraser au butoir de la digue
J’entendais cette voix qui ne cessait jamais
De dire à mon oreille : « qu’as-tu fait du papé ? »
Chaque brin de lavande, de thym, de romarin,
Me reprochait sans fin l’absence de l’aïeul.
Le murmure des sources dans le petit matin
Chantait sur mon cœur lourd des cantiques de deuil.
Le remord lentement s’installait dans ma vie.
Je revenais m’asseoir ou il s’était assis,
Sur le banc de vieux bois, près du puits, sous le chêne,
Et je laissais errer mes pensées sur la plaine.
Alors, je l’ai revu, avant, lorsqu’il marchait
Jusqu ‘au seuil de l’école, pour venir me chercher.
Je sautais dans ses bras, je l’embrassais, tout doux,
Et nichais tendrement ma tête sur son cou.
Il me portait un peu, puis, ma main dans sa main,
Il ajustait son pas pour bien suivre le mien.
Il m’expliquait les bois, les cabris, les moutons,
Les abeilles dorées et les beaux papillons.
Il cueillait aux buissons des réserves de mûres
Et m’offrait les plus grosses comme un présent de choix.
Il riait bruyamment en voyant ma figure
Barbouillée des reliefs de ce festin de roi.
Le soir près de mon lit, il venait me bercer
De chansons provençales, d’histoires de bergers.
Je m’endormais heureuse de sa chaude présence,
Pleine de rêverie, d’amour, de confiance.
Au long des souvenirs, mon cœur plein de pitié
A trouvé le repos. J’ai repris le sentier
Pour revenir tout droit à la grande maison.
Retrouver le papé, lui demander pardon.
J’ai pris tout simplement sa main, sans rien lui dire.
Une larme brillait au milieu du sourire.
Et c’est moi, cette fois, tout au long du chemin
Qui ajustais mon pas, pour bien suivre le sien.
Un papé c’est précieux, c’est tant de souvenirs !
Si vous en avez un, jusqu’au bout de vos jours,
Gardez-le près de vous. Quand il devra mourir,
Vous fermerez ses yeux dans un geste d’amour.
Aujourd’hui, par hasard, si le chant des cigales
Me pose la question tant de fois redoutée,
Je peux, le cœur tranquille, en digne Provençale
Répondre fièrement : « il est là, le papé  »
 
 
        Yolande VERCASSON


                   Pap--2.jpg

                             Le retour du Papé
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C
Merveilleux poème de Yolande Vercasson. Comme tant d'autres sans doute, j'ai eu les larmes aux yeux.
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L
<br /> bonjour amis de la poésie<br /> <br /> Ce texte est admirable, chargé de tellement d'émotion.<br /> <br /> Qui ne songe pas à ce "papé" que l'on a connu qu'il soit grand-pére, oncle , tante, ou simplement une certaine culpailité concernant nos travers...<br /> En l'honneur de la majesté de poème, je voudrais signaler quelques erreurs de retranscription par rapport au texte original:<br /> corriger ainsi:<br /> <br /> "on le voyait si vieux, courbé, si pitoyable"<br /> "Je le sentais partout! c'était là dans ma tête"<br /> "regarde ils semblent bien, ils ont l'air très heureux"<br /> "une larme brillait au milieu d'un sourire"<br /> "si vous en avez un jusqu'au bout de ses jours"<br /> <br /> Encore merci à Madame Yolande VERCASSON<br /> <br /> cordialement, Alain LEJU<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Alain, merci mille fois de tenter de faire prendre conscience aux jeunes d'aujourd'hui qui ne comprennent rien.<br /> Tous les gens qui ont déjà subit un plagiat (et qui ont un coeur) comprennent, et les autres non. Pourquoi ? Peut-etre parce qu'ils ne sont pas capable de produire de si belles choses. Enfin, les<br /> valeurs se perdent, et malheureusement dans ce monde il y a plus de faux jetons et de cons que de gens bien. DOMMAGE.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> @ Jeune lecteur<br /> Bonjour jeune homme,<br /> Je ne connais pas votre prénom.<br /> Vous dire simplement que je pense que Yolande Vercasson serait certainement heureuse qu’un lycéen utilise son merveilleux poème LE PAPE dans le cadre d’un exercice scolaire.<br /> En plus, si vous avez la courtoisie de le lui dire, elle en sera certainement très fière.<br /> Vous dire également que cette poétesse est une vraie provençale, une femme exemplaire au cœur noble et généreux.<br /> Mais est-il bien moral d’utiliser son œuvre, en la travestissant pour tenter de gagner 100.000 euros, je crois ?<br /> Je vous souhaite bonne chance dans vos études.<br /> Avec mes meilleures pensées<br /> Alain Balbo<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Magnifique texte...... écrit par une personne ayant un coeur indigne à celui d'un provencal !!<br /> <br /> Suite à "La France à un Incroyable Talent", Odette, une candidate, à repris le texte et l'a adapté en "La Mamé". Il a bien été dit que ce poème n'avait pas été écrit par cette candidate ! Et Mme.<br /> Vercasson, au lieu d'être fier que l'on choisisse son poème, à été "offusquée" et à osé réclamé des excuse publique alors qu'elle aurait pu se contenter de rappeler qu'elle en est l'auteur. Elle à<br /> déclanché une procédure judiciaire. A croire que même cette société de consommation dans laquelle il faut toujours de l'argent et dans laquelle nous vivons a atteint la provence.<br /> Je Collégien en 3° à Stanislas dans les Alpes Maritimes et j'avais pour exercice de faire un recueil de poème. Mon intention été de mettre le Papé, mais deux choses m'en ont empeché : le<br /> comportement de cette "provencale", et la peur que mon devoir vienne au oreille de cette cher personne et qu'on me fasse un procès...<br /> <br /> Dommage pour ce poème qui me touche beaucoup, ayant un ancien dans la famille dont le texte me faisait penser.<br /> <br /> Maintenant, chacun son avis.<br /> <br /> <br />
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