Il neigeait aussi le jour de mes 20 ans. J’étais seul. C’était peu après la guerre. On ne fêtait aucun anniversaire, aucun évènement qui aurait pu occasionner une dépense. Le temps était immobile, vide de surprise.
De toute façon sans chaleur ni offrande. L’immobilité. Une lutte intérieure, un état d’hostilité contre le monde entier. Dans ce creux m’est venu le sentiment que tu étais en train de naître. J’étais majeur, enfin, j’avais 20 ans !
Henry Ferrier – Qui t’a fait Dieu ? – Editions Lacour

Artiste né en Provence, Henry FERRIER est dès son plus jeune âge fasciné par le mystère des lignes et des couleurs. " J'ai toujours été peintre, sans doute avant d'écrire ". Il se refuse à copier servilement la réalité, il imprime sa marque.
Il explore des modes d'expression différents. L'unité de son œuvre est le Geste.
Il puise sa force dans la terre provençale ; l’encre de son talent écrit ou peint les cyprès, les amandiers, les saisons mais aussi la vie avec ses joies et ses blessures ; et encore et toujours, l’amour.





A ceux qui croisent au large de Marseille, je dis :
« regardez vers le nord, vous verrez les Alpilles et c’est là qu’une vie se bâtit .
J’aime ce pays tous les jours ne serait-ce que pour ne pas avoir de regrets , stimulé par cette lumière de Provence qui rend les choses à la fois concrètes et irréelles »

Pas plus que la vie, la naissance ou la mort ne sont forcément devenues pertinentes. A nous d’en décider. C’est pourquoi je me dois affirmation de loyauté et respect à la religion aussi bien qu’à mes propres personnages

La gestation n’en est pas moins douloureuse. Son ralenti suggère le désir comme une aspiration, un vent porteur de voix secrètes, des voix en appel d’un feu de vie profonde .
Henry Ferrier
Et je vois des reflets mauves sur ta peau nue. Dérangeant ? Peut être, mais pas trivial.

Ainsi Claire a pris possession de moi et je m’en trouve grandi, même si cela ne parait ni cohérent ni vraissemblable.

Bon anniversaire Henry !
Et pour toi quelques mots d'Alexandre Choumay,
Vous qui savez tout peindre et tout écrire
Les pensées éphémères qui n’en finissent plus,
Les mots parfois si vagues car ils sont trop précis,
Les propos délirants car ils viennent du cœur,
Les sourires du cœur qui ont un gout amer,
Les sourires amers qui ont un gout de cœur,
Les silences sans fin et la fin des silences,
Enfin
Tout l’univers des gestes
Et l’ombre de l’Univers
Ou vos yeux sont si bleus
Avec les bleus à l’âme
Et tout le bleu du ciel. »